Ferdinand Hodler est né à Berne en 1853, dans une famille très pauvre. Son père, menuisier, meurt de la tuberculose lorsqu'il a sept ans, puis la maladie emporte sa mère et, au fil des années, tous ses frères et sœurs. Cette omniprésence de la mort marquera toute son œuvre. Adolescent, il entre en apprentissage à Thoune chez un peintre de vues alpestres, qui fabrique des paysages en série pour les touristes.
À dix-huit ans, il part pour Genève, où il copie les paysages d'Alexandre Calame au musée. Le pein... Voir plus >
Ferdinand Hodler est né à Berne en 1853, dans une famille très pauvre. Son père, menuisier, meurt de la tuberculose lorsqu'il a sept ans, puis la maladie emporte sa mère et, au fil des années, tous ses frères et sœurs. Cette omniprésence de la mort marquera toute son œuvre. Adolescent, il entre en apprentissage à Thoune chez un peintre de vues alpestres, qui fabrique des paysages en série pour les touristes.
À dix-huit ans, il part pour Genève, où il copie les paysages d'Alexandre Calame au musée. Le peintre Barthélemy Menn le remarque et le prend comme élève à l'École des beaux-arts. Menn lui transmet l'exigence du dessin et l'admiration pour Corot. Les premières toiles de Hodler, des scènes de la vie des artisans et des paysages observés, restent proches du réalisme.
Le tournant arrive avec La Nuit, peinte en 1890. Des corps endormis sont alignés sous des draps noirs, tandis qu'au centre, un homme se réveille terrifié devant une figure voilée qui incarne la mort. Jugé indécent, le tableau est retiré d'une exposition à Genève. Présenté à Paris en 1891, il reçoit au contraire l'admiration de Puvis de Chavannes, et Hodler s'impose comme l'un des grands noms du symbolisme européen. Les Âmes déçues, L'Élu ou Le Jour prolongent cette recherche, avec leurs figures répétées dans des poses presque rituelles.
Hodler théorise ce principe sous le nom de parallélisme. Selon lui, la nature et la vie humaine reposent sur la répétition de formes semblables, et le peintre doit rendre visible cet ordre profond. Il l'applique à ses paysages du lac Léman, du lac de Thoune et des Alpes, construits en larges bandes horizontales où le rivage, l'eau, les montagnes et le ciel se superposent avec une symétrie saisissante. Les nuages eux-mêmes s'y alignent en frises régulières au-dessus des sommets.
Ses portraits, d'une grande intensité, montrent des visages frontaux au regard direct. Entre 1913 et 1915, il peint et dessine plusieurs dizaines de fois sa compagne Valentine Godé-Darel, atteinte d'un cancer. Hodler suit jour après jour l'évolution de la maladie jusqu'à son dernier souffle. Cette série compte parmi les témoignages les plus bouleversants de l'histoire de la peinture.
Dans les derniers mois de sa vie, affaibli par la maladie, il peint depuis le balcon de son appartement genevois la rade et le massif du Mont-Blanc au lever du soleil. Ces vues, réduites à quelques bandes de couleur, annoncent déjà la peinture abstraite. Il meurt à Genève en 1918.
Hodler était devenu de son vivant le peintre national de la Suisse. Il avait représenté l'épopée helvétique dans les grandes fresques de La Retraite de Marignan, au Musée national de Zurich. Son Bûcheron et son Faucheur ont illustré les billets de banque suisses pendant plusieurs décennies. Exposé en triomphe à la Sécession viennoise en 1904, il a aussi profondément marqué Gustav Klimt et Egon Schiele.
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